
Rencontre avec Gladys : Briser les codes au cœur de la culture Maya
Au sein de sa communauté, Gladys a transformé les obstacles de son passé en une initiative touristique unique. Entre tradition culinaire et émancipation féminine, elle nous raconte son parcours et sa vision d’un accueil authentique.

Holà Gladys, peux-tu te présenter?
Gladys: Je m’appelle Gladys et je suis originaire d’ici, de ma communauté. Actuellement, je travaille comme guide touristique, mais je suis aussi cuisinière traditionnelle. Et j’ai lancé mon projet communautaire qui fonctionne depuis déjà cinq ans.
Depuis combien de temps es-tu guide ?
G: En tant que guide touristique, cela fait quatre ans que je travaille. Parfois, je fait des circuits, mais je travaille surtout avec des agences françaises, car c’est le type de touristes qui vient principalement dans la région.
Pourquoi as-tu choisi de faire ce métier ?
G: Eh bien, c’est intéressant parce qu’avant de décider d’aller à l’université, je voulais étudier la danse. Rien à voir, totalement différent. Mais j’ai grandi dans une famille très conservatrice. La vie dans la communauté pour une femme n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît. Parce qu’il y a encore ce machisme et cette mentalité plus fermée envers les femmes. La femme a toujours été vue comme celle qui reste à la maison, s’occupe des enfants, et l’homme est celui qui travaille. J’ai réussi à faire des études universitaires parce que j’ai brisé ce stéréotype dans ma famille. Je suis la plus jeune. J’ai trois sœurs et quatre frères, donc nous sommes huit. Et de tous mes frères et sœurs, je suis la seule à avoir fait l’université. C’est mon frère, qui vit aux États-Unis, qui a payé mes études. Mais pour y arriver, ce n’était pas facile car mon père n’était pas d’accord. Ils ne voulaient pas que je continue mes études car l’idée était plutôt « Tu as l’âge de te marier ». Il y a de nombreuses années, il était normal de voir des femmes très jeunes avec des enfants, 15 ou 16 ans. Ma mère s’est mariée à 15 ans. Mais dans mon cas, j’ai décidé d’en finir avec ça et j’ai insisté pour étudier. J’ai choisi le tourisme car ma mère ne me permettait pas d’aller étudier en ville, je devais rentrer tous les jours.
Pourquoi avoir créé ce projet communautaire ?
G : Justement parce que quand j’ai commencé à travailler comme réceptionniste, je me suis rendu compte que le touriste veut cette immersion dans notre culture et ne sait pas toujours comment la trouver. Il ne suffit pas d’aller dans un hôtel, un parc ou autre. Ils veulent l’authentique. Dans ma communauté, on a tout ça. Je me suis dit que ce serait une bonne idée d’ouvrir la porte aux touristes pour qu’ils découvrent notre vie quotidienne. Plus qu’une expérience, je veux que ce soit un vécu. J’écoute les commentaires quand ils partent : « J’ai adoré parce que j’ai ressenti ceci, ça m’a rappelé d’où je venais ».
C’est aussi un projet social pour les femmes de la communauté, n’est-ce pas ?
G : Oui. Une partie de l’idée était de trouver un moyen de créer des emplois, précisément pour les femmes. J’insiste sur le fait de briser ce schéma, ce stéréotype sur la femme. Pourquoi ne pas valoriser les cuisinières traditionnelles grâce auxquelles notre gastronomie est connue internationalement ? Dans la cuisine, c’est toujours la femme, et on ne voit presque jamais d’homme cuisiner. L’idée est de changer cette vision pour qu’elles travaillent et génèrent leurs propres revenus. Au début nous étions seules avec ma famille, et maintenant il y a sept familles au total. Nous avons même gagné un prix d’argent au Brésil l’année dernière pour les meilleures initiatives de tourisme communautaire et indigène.
Peux-tu nous lister les activités que vous proposez ?
G: Les activités que nous proposons sont des ateliers de cuisine traditionnelle (comme le pollo pibil), parcours en mototaxi dans les champs, atelier de peinture sur jícaras (calebasses), atelier de broderie, atelier de piñata, cours de jarana (danse), visite des méliponaires, et le temazcal qui est une cérémonie de bain de vapeur. Nous incluons aussi des visites de zones archéologiques.
Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton quotidien aujourd’hui ?
G: L’interaction avec le touriste. Je crois que c’est ce que j’aime le plus. J’adore m’asseoir au moment du repas parce que c’est ce que je préfère partager avec eux. Ce n’est plus seulement une « expérience », on est plus dans la confidence sur notre culture ou sur des questions personnelles. Cette interaction, et le fait de découvrir aussi leur culture, leur façon de penser et leurs différents modes de vie, c’est ce qui m’enchante le plus.
Pour finir, quel conseil donnerais-tu à un voyageur qui vient au Mexique pour la première fois ?
G : Le Mexicain est assez extroverti. Il adore la fête, le bruit, la musique fait partie de notre culture. J’ai vu des situations où les gens ne sont pas habitués au bruit ou à notre façon de faire la fête. Par exemple, lors de voyages avec des Français, ils sont surpris de voir comment on fait la fête. Avec le bruit de la musique, on ne peut même plus discuter ! Mais ça fait partie de notre culture.
Ou la sauce au restaurant : « Oh non, tout est pimenté ! ». C’est notre culture. Dans notre gastronomie, vous ne verrez jamais une grande variété de desserts. Au restaurant, il y a du flan ou ce genre de choses. On n’a pas l’habitude de manger beaucoup de desserts. Ce sont de petits chocs culturels, mais c’est très diversifié. Ici, vous pouvez saluer n’importe qui, tout le monde vous répondra « Salut, ça va ? » et s’approchera. Je crois que dans d’autres pays, ça n’arrive pas. En France, ils sont un peu plus froids. Mais ici, c’est normal que quelqu’un vienne vous parler. C’est naturel chez nous, on est parfois très curieux.
Et la chaleur ici est terrible, l’hiver commence… enfin, « l’hiver maya », qui est en fait la chaleur.
Le témoignage de Gladys illustre une volonté de transformer le tourisme en un levier d’émancipation sociale et de préservation culturelle.
Au-delà de la simple visite, Gladys propose une immersion où l’échange humain et la valorisation du travail des femmes occupent une place centrale. Son projet rappelle que la richesse d’un voyage réside souvent dans ces moments de vie partagés autour d’une table, dans la curiosité naturelle des habitants et dans la fierté de transmettre un héritage vivant.
Chez Hola Mexique, nous sommes engagés à soutenir des initiatives comme celle de Gladys. Nous croyons fermement en un tourisme qui valorise l’émancipation des femmes, respecte les traditions locales et favorise une économie communautaire juste.
Vous souhaitez vivre cette immersion authentique, participer aux ateliers de cuisine traditionnelle ou découvrir le quotidien de ces familles ? Contactez-nous dès maintenant pour intégrer cette expérience humaine inoubliable à votre prochain voyage.